PARIS NORMANDIE le 7 février 2009
Un lycée en danger
Alexis Pelletier est professeur de français
DEVILLE-LES-ROUEN.Inquiets des difficultés que traverse le lycée de la vallée du Cailly, les professeurs se mobilisent.
La mobilisation des enseignants du lycée de la vallée du Cailly ne faiblit pas. Alexis Pelletier, professeur de Français, élu (SNES) au conseil d'administration, rencontre aujourd'hui samedi à
Malaunay, avec ses collègues, les élus socialistes.
Quelle
est aujourd'hui la situation du lycée ?
Alexis Pelletier : « L'établissement a perdu 300 élèves en trois ans. Une perte due à une baisse démographique réelle dans la vallée, mais que nous estimons être accentuée, au niveau du lycée,
par l'absence d'un nombre de formations attractives suffisant. Les meilleurs élèves partent vers les lycées du centre ville. Nous craignons à terme, une disparition de la mixité sociale et une
ghettoïsation du lycée. De plus, avec la mise en place de la nouvelle dotation horaire globale, nous perdrons 6 classes et 8 postes d'enseignant à la rentrée de septembre 2009.
»
Quelles
sont vos revendications ?
« Nous voulons l'ouverture effective d'un deuxième BTS pour compenser la perte du BTS (PME-PMI) qui sera supprimé à la rentrée. Nous souhaitons la création d'une option européenne en seconde
générale et la reconnaissance de l'option culture générale Science Po, que les enseignants font aujourd'hui fonctionner avec les moyens du bord. Pour l'heure, toutes nos revendications sont
restées lettre morte auprès du rectorat. La rumeur qui court que ce lycée est faible est fausse. Les résultats sont bons et les élèves s'y sentent bien. »
Envisagez-vous
de nouvelles formes d'action ?
« Dans l'immédiat nous nous efforçons d'obtenir le soutien des politiques. Dominique Gambier, le maire, a écrit au recteur pour plaider notre cause. Un mouvement de grève est toujours possible.
Nous étudions aussi la possibilité d'organiser une journée lycée mort. »
PROPOS RECUEILLIS PAR SERGE ORTOLE
Article paru le : 7 février 2009