Père, pourquoi m'as-tu abandonné? JFR

Père, pourquoi m'as-tu abandonné?

 

Oui, père

Vous m'avez porté sur les fonds baptismaux de la République en 1989

Afin d'apporter aux forces vives de la nation au cœur de cette vallée du Cailly, les lumières d'une institution due à toutes ses filles et ses fils de France, les valeurs de l'égalité des chances au sein de sa plus noble création républicaine : le droit à l'éducation et à ses enseignements.

Vous m'avez abreuvé au long de ces vingt ans de réformes et des réformes à me remplir la panse avec vos paroles moralisatrices pour assurer mon devenir.

Vous avez hélas très rapidement cherché à fuir vos responsabilités en me confiant aux finances du territoire voisin régional pour le cadre de vie et des outils du travail.

Eh là, à mon plus bel âge, vingt ans, vous préférez vouloir encore plaire aux vielles rombières du centre-ville. Et que leur proposez-vous ?

 

Vous vous êtes prêté à toutes les manœuvres et bassesses les plus vils qu'un père puisse faire envers sa progéniture et sur de simples calculs de tableur et d'indice, sans aucun état d'âme.

Vous avez décidé tel un vieux et sénile patriarche, avide de votre pouvoir de chef de famille avec la complicité vos fidèles serviteurs et des ronds de jambes de vos courtisanes de sacrifier sur cet autel vos propres petits-enfants du dévouement de leur mère Vallée du Cailly dans l'espoir aussi de plaire au Prince.

Vous corrompez la virginité de cette jeunesse pour mieux asseoir les fastes de vos anciennes gloires qui ont su vous porter aux nues en leur temps : Jeanne d'Arc, Corneille, Flaubert, Saint-Saëns, Galilée…Il est vrai qu'elles portent le nom de la célébrité.

Mais vous êtes bien aise de détourner mes propres chérubins, ses filles et ses fils installés au cœur de cette petite Manchester qui fît la gloire et la fortune des nantis industriels et négociants de Rouen en des temps pas loin éloignés, pour complaire à remplir les salons de vieilles célébrités, en les aguichant par vos hochets d'options et de faire-valoir.

Il est vrai qu'elles vivent sous les lumières de la rampe et dans le luxe, vous ne leur refusez rien car loin des risques d'une quelconque périphérie comme Cailly où vos bonnes grâces risquent de grimacer à oser visiter les conditions dans lesquelles elle travaille et dont vous rebutez à prendre conscience.

Telle une croisade, Dieu reconnaîtra les siens mais les plus humbles seront sacrifiés sur la pierre sacrificielle de la centralisation administrative et politicienne de son agglomération.

Les mots sont pourtant bien républicains et avaient un véritable sens comme Egalité, Fraternité et depuis certaines réformes d'autres notions et valeurs ont fleuri dans nos programmes telle solidarité, faire acte de citoyenneté. Aujourd'hui ils ne sont plus rien que des mots qui filent dès la première bise venue. Des paroles et des beaux discours, des paroles et des beaux discours creux de sens et encore des paroles et de beaux discours vides de sens suivi d'aucun acte…

 

Si, un seul … détruire une œuvre où tant de femmes et d'hommes ont donné de leur temps et de leur énergie sans valeur comptable… Le geste gratuit de l'honnêteté et la fierté du travail à accomplir, du contrat à tenir envers ses familles de la vallée du Cailly qui nous ont confié cette pépinière de jeunes talents qui ne demandent qu'à vouloir s'exprimer chez eux. Celui du service public pour la population qui vit en ces lieux. Libre de leur enseigner pour eux et parmi eux.

 

Il est vrai que les hommes de peu de foi ne craignent plus les colères de Dieu, mais seulement les humeurs du Prince qui en son palais, en la capitale, est bien gardé du crime de lèse-majesté, il a tellement les oreilles sensibles…

A cette heure elles doivent siffler.

 

Un enseignant lambda de la communauté éducative du bassin d'emploi de la vallée du Cailly qui se meurt mais…debout.

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